Machiavélisme, obscurantisme:
on a enfin trouvé
la logique de l’orthographe française !
Comment les Français en sont-ils venus à considérer comme “normal”, comme “beau”, comme “culturel”, comme “logique”, le fait d’écrire ce qui ne se prononce pas et de prononcer ce qui ne s’écrit pas?
Pour quelle raison le principe de l’écriture phonétique, qui constitue en lui-même une des plus grandes découvertes de l’humanité, leur paraît-il inconcevable pour leur propre langue?
Le discours qui sert à sacraliser l’orthographe française bénéficie traditionnellement d’un véritable monopole, ceci en contradiction avec nos règles de l’information indépendante et du débat contradictoire.
Ce monopole est tout simplement la conséquence de la recherche machiavélique et obscurantiste d’un ordre social fondé sur l’ignorance populaire.
Au niveau individuel des usagers, des enseignants, des parents, la nécessité de motiver les enfants pour qu’ils acquièrent l’incontournable norme d’écriture en vigueur à fait le reste et a entretenu l’image d’Epinal: orthographe = promotion sociale.
A - Les bonnes intentions du machiavélisme
Le machiavélisme a pour objectif de maintenir un ordre social, éventuellement par des moyens pas très honnêtes.
Dans le cadre du consensus assez large dont fait l’objet notre société de consommation, la machiavélisme vise à conforter les pouvoirs en place, d’une part, sur les salariés, d’autre part, sur les consommateurs.
Ces pouvoirs recherchent un éclairage sur leurs propres limites, et en même temps une caution, dans les velléités de contre-pouvoir que constituent les syndicats, les associations de consommateurs et les mouvements écologistes.
L’héritage du despotisme éclairé reste en France un point d’honneur des groupes sociaux les plus dynamiques, mais ces mêmes groupes sociaux ne dédaignent pas et recherchent souvent l’appui aveugle de subalternes particulièrement zélés.
Ce zèle présente un risque symbolisé par l’ours de la fable qui jette une pierre pour tuer une mouche sur le visage de son maître. Concrètement, les révolutions chroniques qui font partie du paysage politique français depuis plus de deux siècles montrent que ce risque est une dangereuse réalité.
B - L’obscurantime, c’est le machiavélisme appliqué au savoir
D’une manière générale, étant donné que “le savoir, c’est le pouvoir”, le machiavélisme va s’appliquer prioritairement à maintenir un ordre social fondé sur l’ignorance populaire: le mot “obscurantisme” désigne alors les intentions et les méthodes du machiavélisme mises en oeuvre pour cet objectif précis.
Les deux principaux domaines d’action de l’obscurantisme sont naturellement l’enseignement et les médias, et la juxtaposition de la médiocrité des programmes scolaires et de la médiocrité de notre information n’est pas un simple effet du hasard.
Aux siècles passés, c’est le coût de l’investissement éducatif qui permettait d’empêcher ou de limiter l’accès du peuple à l’école et au savoir. Les intellectuels voyous qui ont mis en place l’orthographe l’entendaient bien de cette manière.
Dans le monde présent, avec les progrès révolutionnaires que l’on sait pour les moyens d’information, il serait totalement illusoire de vouloir interdire mécaniquement aux enfants et aux citoyens français l’accès à l’école. La scolarisation est maintenant entrée dans les faits. La propagande de chaque régime en place fait même mousser volontiers le progrès social que cette scolarisation représente.
La préoccupation première et véritablement obsessionnelle du machiavélisme, c’est alors d’empêcher cette scolarisation d’apporter aux sujets, rebaptisés citoyens, les savoirs fonctionnels, qui, eux et eux seuls, sont synonymes de pouvoir.
La parade machiavélique et obscurantiste consiste à apporter aux écoliers français un enseignement suffisamment inconsistant pour ne donner que l’illusion du savoir et du pouvoir, mais tout de même juste assez consistant pour garder les aspects de la crédibilité.
Ainsi s’explique le fait que l’institution donne souvent l’impression de freiner tout en appuyant sur l’accélérateur.
Cette politique de diversion dictée par l’obscurantisme, semble bien apporter, au niveau des faits, les explications manquantes pour les réformes bidon incessantes, pour l’aventurisme pédagogique, et pour des programmes où l’on s’attarde volontiers sur des baudruches à la mode du jour, autrement dit pour des programmes qui sont loin d’être optimisés.
C - La dualité politique au service de l’obscurantisme
Deux priorités différentes, soutenues théoriquement par les deux familles politiques, ont eu des rôles complémentaires dans cette dégradation raisonnable de notre enseignement.
Du côté conservateur, on soupirait des regrets sur l’abandon imposé de la sélection, mais, pendant ce temps-là, carte blanche était donnée aux décideurs de l’institution pour qu’ils développent dans les programmes tous les fantasmes qui leur semblaient bons (cf: maths modernes; targette à pêne plat, …)
Dans le camp d’en face, celui des ” forces de progrès”, l’égalité des chances a d’abord constitué un prétexte pour hypertrophier un tronc commun, c’est à dire pour imposer à tous les élèves l’acquisition d’un bagage culturel identique.
Avec, parmi les élèves, les écarts de goûts et d’aptitudes auxquels désormais il fallait faire face, l’obligation de faire avancer tous les élèves au même rythme dans le même cursus se traduisait fatalement par des changements de programmes plutôt discrets, qui invoquaient certes une modernisation indispensable, mais qui cachaient aussi des renoncements gênants.
C’est le fameux “nivellement par le bas”, pour lequel on a accusé naturellement les enseignants, en évitant, comme à l’accoutumée, toute analyse approfondie et tout débat véritable sur le succès de l’obscurantisme que cela pouvait constituer.
D - La pseudo-culture
au service de l’obscurantisme
Dans un environnement où tout est possible en matière de scolarisation comme en matière d’information, l’obscurantisme ne peut pas interdire mécaniquement l’accès à l’école ni censurer l’information. Il s’est trouvé une nouvelle stratégie qui consiste à noyer le poisson.
C’est pourquoi l’enseignement propose force diversions aux écoliers français pour freiner leur accès aux savoirs véritablement fonctionnels. L’intellectualisme abusif est particulièrement commode pour pouvoir rouler dans la farine les élèves et leurs maîtres, parce que les représentants de la profession lui apportent automatiquement leurs complicités.
E - L’orthographe française est le Pivot de cette stratégie de diversion
Sa culture consiste à savoir écrire ce qui ne se prononce pas. Mesurée à l’aune de la culture universelle, sa consistance est égale à celle du vide absolu.
Etant inenseignable, elle permet tous les aventurismes pédagogiques.
Tout un public désinformé se porte spontanément à son secours, parce qu’il ressent confusément qu’il faut préserver la même norme collective d’écriture, étant donné qu’elle est indispensable pour pouvoir communiquer par écrit avec un minimum de confort.
En conclusion:
- Apport culturel nul,
- forte mobilisation de temps et d’effort nécessaire à son apprentissage,
- adhésion automatique du public:
on ne peut donc pas trouver mieux que l’orthographe française pour servir la cause de l’obscurantisme.
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Avec le titre “Machiavélisme, obscurantisme, orthographe”, le présent article a été placé sur le forum Education de France2 le 21-12-2007 à 22h08, en développement d’un article de Nabuchodonosor 2 intitulé: “la fabrique du conformisme”. Il a été censuré dans les 48 heures.
Ortograf-fr, F-25500-MONTLEBON
tél: +(33)(0)3 81 67 43 64 sites:
1°) http://alrg.free.fr/ortograf
2°) http://www.alfograf.net;
3°) “ortograf” dans ” blogs nouvel obs”
4°) Forums recommandés: chomduc;
parents-profs; interaldys; forumdesforums; rudelle
page 317 - 2008-01














Certes, notre système ortographique a besoin d’un bon nettoyage.
Toutefois, votre argumentation confond compétence linguistique et compétence orthographique pour mieux sevir votre discours idéologique. De même, vous faites abstraction des réalités socio-linguistiques et comportemento-sociales inhérentes à nos structures organisationnelles (je vous conseille d’aller lire W. Labov pour commencer).
Quant à la solution par vous proposée (Alphabet Phonétique), elle risque de poser certains problèmes sur le long terme, comme la prolifération des dialectes qui risque d’aboutir à un éclatement de la structure sociale française…
Obash
28 April 2008
Bonjour je veux savoir s’il existe jusqu’à présent des dirigeants machiavélique, ces artistes de l’ingratitude dans le monde SVP
Mamane
10 June 2008
bonne journée
Mamane
10 June 2008