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Dans la cité grecque, lieu où à l'origine, se réunit l'assemblée des citoyens, puis qui devient la place principale de la cité.

Merci, Monsieur le Président

Franchise oblige : je n’étais pas un supporter de Sarkozy. C’est même le moins que je puisse dire. Les fidèles de mon blog le savent (trop) bien…  Et même son discours de février sur la panne de l’Europe et sur  son idée de « mini-traité » m’avait laissé pour le moins dubitatif. Mais (et j’en suis ravi !) le discours qu’il a prononcé aujourd’hui dans la métropole européenne, capitale parlementaire de l’Europe, m’a séduit. Et m’a rempli d’une satisfaction telle que le militant de la « cause européenne » que je suis n’a pas éprouvée depuis longtemps.

Pour tout dire, depuis le discours d’adieu du Président Mitterrand au Parlement européen… Souvenirs, souvenirs !  Et  regrets depuis… “Le temps perdu ne se rattrappe pas”. Ce n’est pas “l’histoire qui va trop vite”, comme soupirait Mitterrand en une autre occasion, c’est nous qui n’allons pas asez vite. Ou qui marchons à reculons: histoires d’Europe depuis 15 ans…

Ce discours de STRASBOURG, au-delà de l’autosatisfaction avancée (mais en partie lgitime) m’a séduit par la force de conviction qui l’habite, par les références aux pères fondateurs qui l’habille et, surtout, par la volonté d’aborder les « affaires européennes » sous un angle politique.

Oui, L’Europe est d’abord une aventure politique avant d’être une « construction ».

Oui, il ne faut pas  confondre les moyens et les fins.

Oui, il importe de renouer avec de grands principes de base qui ont été défigurés ou trahis par des réflexes bureaucratiques, par des paresses intellectuelles et par des influences de ce « grand large » contre lequel  les plus pro-américains et les plus pro-libéraux des « fondateurs », Jean Monnet en tête,  luttaient.

Un retour aux sources pour reprendre une longue marche en avant ? OUI.

Je l’ai souvent écrit, je le redis : l’avenir européen passe par une réconciliation des idées de Monnet (et de Schuman) et de De Gaulle.

Si Sarkozy y parvient, il aura bien mérité de la patrie et de cette Europe qui fait partie de nous comme nous faisons partie d’elle.

Le contexte n’est guère favorable à une relance de l’esprit POLITIQUE de l’Europe. Sarkozy a le mérité de le faire. En tentant de dépasser les clivages entre ceux qui ont voté OUI et ceux qui ont voté NON au projet de Constitution. En mettant l’accent sur les fondamentaux de l’unification européenne. En dégageant des voies vers un avenir où les Européens reprendront confiance en eux-mêmes.

Sur telle ou telle question, des analyses divergentes peuvent être faites  et des critiques peuvent et pourront être émises. Mais ne gâchons pas notre joie intellectuelle et politique de voir et d’entendre le Président de la république française prononcer les mots qui s’imposent pour réduire le pire des déficits dont l’Europe souffre : un déficit d’enthousiasme.

Merci, Monsieur le Président.

Daniel RIOT

LIRE LE DISCOURS DE NICOLAS SARKOZY >>>>>>>

RESUME

Le chef de l’Etat estime que le sommet de Bruxelles a permis, par une synthèse entre l’Europe du « oui » et celle du « non », de remettre l’Union en marche.   «La France est de retour en Europe». C’est par l’un de ces discours-fleuve dont il a le secret que Nicolas Sarkozy a voulu, lundi à Strasbourg, revenir sur sa «victoire» de Bruxelles, où les 27 ont accepté les grandes lignes de son traité simplifié. 

Evoquant les grandes figures des pères de l’Europe, «Churchill, De Gaulle, Schuman, Monnet, Gasperi», Nicolas Sarkozy a rappelé le lien franco-allemand, «ciment» de l’Union européenne, et surtout la volonté des peuples de «tirer des leçons» d’une histoire déchirée par les guerres. Une manière d’amener vers la première idée-force du discours : «ne pas confondre la finalité avec les moyens».

«Chaque fois que l’Europe a remplacé les fins par les moyens, elle a traversé une crise», estime le chef de l’Etat. Et de poursuivre : «ce n’est pas le « non » au référendum des Français et des Néerlandais qui a mis l’Europe en crise. C’est la crise de l’esprit européen qui a provoqué les « non ».» 

Le retour de la politique 

Car pour Nicolas Sarkozy, la Constitution européenne n’était pas «une fin en soi». «Ce ne sont pas les traités européens qui font progresser l’esprit européen, mais l’esprit européen qui permet de conclure des traités», martèle-t-il, revenant sur le rôle central de la «politique». Ou plutôt de «cette grande dérive vers la dépolitisation de l’Europe qui voulait partout remplacer la décision politique par des règles, des normes et des procédures». 

 «Au lieu de dire aux peuples : « voilà ce que nous pouvons faire ensemble de grand », on leur a répété inlassablement : « nous n’y pouvons rien », et on leur a dit que c’était à cause de l’Europe», estime le chef de l’Etat, taclant au passage les majorités précédentes.

Avant de se livrer à un petit auto-satisfecit : à Bruxelles, «pour la première fois depuis longtemps dans un sommet européen, on a fait de la politique au sens le plus élevé du terme», juge Nicolas Sarkozy, pour qui, avec le traité simplifié, «l’Europe est sauvée».

«Je veux poser toutes les questions»

 Et le président de se lancer dans une énumération de mesures qu’il souhaite pour «faire la synthèse entre le oui et le non», clé selon lui de la construction européenne : investissements, politique industrielle, gouvernement économique de la zone euro, maîtrise de l’immigration, fin de l’indépendance de la Banque centrale, partenariat avec la Méditerranée… «Je veux poser toutes les questions, je veux évoquer tous les problèmes», explique Nicolas Sarkozy. 

Convaincu que l’Europe est une notion bien vivante, le chef de l’Etat s’est fait lyrique : «L’Europe ce n’est pas que la monnaie, ce n’est pas que la discipline budgétaire, ce n’est pas que le droit de la concurrence, ce n’est pas que des frontières, ce n’est pas que la pondération des votes. L’Europe, encore une fois, c’est d’abord un projet de civilisation». Une civilisation qui «a besoin d’une nouvelle Renaissance».

DOCUMENTS

A lire ou à relire

Réconcilier de Gaulle et Schuman (1), par Daniel RIOT
Quand la France a « mal à l’Europe »…
SOS Médecins ! Voilà plus de 50 ans que la France a « mal à l’Europe » et que l’Europe a « mal à la France ». Deux symptômes d’un « mal d’amour ».Ce « mal d Europe » n’a pas qu’une cause : ses racines sont dans les têtes plus que dans les corps. La « révolution » de l’unité européenne, en 1950, ne s’est pas traduite par la révolution intellectuelle et mentale qui aurait dû et devrait s’imposer.
Pis : les querelles circonstancielles qui ont marqué les débuts et les premiers développements de la « construction européenne » hypothèquent toujours les actions présentes et futures.
Schématiquement, les Français restent partagés par deux visions et deux pratiques de l’Europe : celle de Robert Schuman (et de Jean MONNET)et celle du général de Gaulle.

Celle d’une construction « supranationale » et celle de « l’Europe des patries ».

Celle d’une Europe « européenne » et celle d’une Europe occidentale ou atlantique.

Celle d’une Europe intergouvernementale et celle d’une Europe gérée et animée selon un mode fédéraliste ou fédératif.

 LIRE LA SUITE>>>>>
 
(2)Colombey-les-deux-églises et Scy-Chazelles…>>>
(3)« Une certaine idée de la France »…>>>
(4)”Le levier d’Archimède”>>>

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