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Dans la cité grecque, lieu où à l'origine, se réunit l'assemblée des citoyens, puis qui devient la place principale de la cité.

Si vous souhaitez une social-démocratie moderne à la française, passez par le Centre : La gauche est trop maladroite…

REFONDATION : le mot à la mode ! « L’appel » à l’ordre du jour ! Pour Libération, pour le Nouvel Observateur,  pour les mille et un cercles de réflexions (ou réseaux d’influences) qui parcourent le PS ou gravitent autour. Refondation du PS,  refondation de LA Gauche, refondation DES Gauches, refondation de l’écologie politique (et des politiques  écologiques), refondation de la social-démocratie, refondation de l’anti-libéralisme, refondations communistes, citoyenne, sociale, sociétale, philosophiques…

Qu’est-ce que c’est une « refondation » ? Un renouvellement, une rénovation, une  redéfinition, une « modernisation », une évolution, une réinvention,  une « révolution » ?… Pourquoi ne parle-t-on pas de re-fondement ? Ce serait plus fondamental, peut-être…« Quand les hommes ne peuvent pas changer les choses, ils changent les mots », constatait Jean Jaurès.

Mais d’abord, qu’est-ce que la Gauche ou que sont les Gauches ? Et qu’est-ce que le PS, surtout, en dehors des clichés sur la gauche-caviar que Joffrin avait si bien décryptée en prédisant son échec aux présidentielles alors que les supporters étaient aveuglés par des sondages trompeurs ou jouaient les Gribouilles ?

La  question posée dès la fin du premier septennat de Mitterrand a été  reposée après chacune des défaites du parti de la rose au poing et de ses alliés. Mais elle reste sans réponse digne de ce nom.

Ce pourrait être intellectuellement passionnant : la question vaut toujours plus que la réponse, mais politiquement dramatique. Parce que les questions soulevées  sont rarement  les bonnes. « Le courage, disait Jaurès, c’est de chercher la vérité et de la dire ».

Les hiérarques du PS passent leur temps  à l’esquiver et à la taire, cette vérité : cela leur permet de durer, « drapés dans leur  arrogance technocratique » (comme le dit depuis longtemps Kouchner)[1], vautrés dans leur paresse devant une société et  un monde qui bouge trop vite pour eux, comme paralysés par une frilosité intellectuelle « provoquée par une sorte d’arthrose cérébrale chronique » et obsédés comme les notables de jadis par un carriérisme qui les coupe de ce « peuple » dont ils se réclament…

Quelques constats  parmi d’autres :

>>> La gauche est toujours demeurée minoritaire au premier tour des présidentielles (36,5% en 2007) depuis que cette élection existe.

>>> La gauche vient de perdre sa troisième présidentielle consécutive. Et elle n’a eu qu’un Président se recommandant d’elle sur les six de la V ième République.

>>> Les succès électoraux de second ordre gagnés par la gauche (régionales et européennes pour ne citer qu les deux dernières) ne se sont traduits ni par des renouvellements générationnels ni par des élus plus représentatifs de la société « plurielle »

>>> Depuis 1992, l’électorat dit « populaire » ne vote plus majoritairement à gauche…

>>> Les analyses faites jusqu’à présent de la défaite de Ségolène Royal ne sont que superficielles, partielles, partiales, minées par des calculs  personnels, égotistes et tactiques, et surtout   empreinte d’une hypocrisie généralisée qui fait honte à voir. Les Législatives servent de prétexte à refouler les diagnostics et les règlments de compte.

C’est fou comme le PS , qui n’est que l’héritier de la SFIO (relookée par Mitterrand)  mais qui est devenu trop archaïque  pour être bien intégré dans l’union des partis socialistes européens, est vraiment prisonnier de sa culture patrimoniale !

>>> Il faut remonter au Congrès du Globe, en 1905. J’en ai relu la « déclaration de principes » fondatrice. Elle reste au cœur du fonctionnement bureaucratique de ce « parti » qui se voulait « de classe » et uni face « aux fractions politiques bourgeoises » : l’appareil domine tout, contrôle tout, y compris les élus qui ont des « mandats impératifs » et « ne peuvent engager le parti sans son assentiment ».  Silence dans les rangs ! un bon militant est un militant obéissant. Et u élu un porte-voix de la « ligne » officielle. Cela stimule les imaginations et la créativité, bien sûr…

>>> La règle des « synthèses », compromis entre « révolutionnaires «  et « réformistes », entre « courants », entre « tendance » remonte au discours de Jaurès au Congrès de Toulouse en 1908 . « Nous n’acceptons pas qu’on oppose l’action d’aujourd’hui à l’action d’après-demain, nous n’acceptons pas qu’on oppose l’esprit révolutionnaire et l’action réformatrice du Parti. Nous disons que dans un Parti vraiment et profondément socialiste, l’esprit révolutionnaire réel est en proportion de l’action réformatrice efficace et que l’action réformatrice efficace est en proportion de la vigueur même de la pensée et de l’esprit révolutionnaires. » Un beau discours. De référence. A condition que l’esprit soit vraiment révolutionnaire et que l’action soit réellement réformiste.

>>> Le syndrome de l’Union de la gauche remonte bien sûr au Congrès de Tours, en 1920… Les communistes l’emportent (3208 voix) et choisissent le III internationale. Vive Lénine ! La minorité (1022 voix) refuse de confondre « communisme » et « socialisme » Mais la référence marxiste est verrouillée et la « Lutte des classes » scellée dans le marbre ! « Restons des frères qu’aura séparé une querelle cruelle, mais une querelle de famille, et qu’un foyer commun pourra encore réunir », lancera Léon Blum…

D’où la difficulté pour les socialistes français de faire cet « aggiornamento », cette rupture avec le marxisme, cette reconnaissance du capitalisme et de l’économie de marché, cette orientation « social-démocrate » qu’ont la plupart des partis socialistes européens depuis longtemps (depuis 1959  par le SPD, par exemple)

Aujourd’hui encore, le PS malgré ses virages réalistes, malgré Epinay, malgré les négociations  de Mitterrand avec les eurocommunistes  du type Berlinger (haï par marchais), malgré « l’Union de la gauche » et le « programme commun » et malgré la chute du Mur et l’implosion de l’Empire soviétique  n’a réussi ni un Bad Godesberg digne de ce nom ni un « Congrès de Tour » à l’envers…

Et personne n’ a réussi a faire du parti socialiste une force social-démocrate… Malgré des chefs de file et des maîtres à penser d’envergure : Rocard, Delors et quelques autres, tous coupés dans leurs élans.

Depuis 1971, le PS vivait sur la lancée d’Epinay… sans tenir compte d’une donnée fondamentale : la voie Mitterrand a été un choix stratégique, et non idéologique… « Epinay est mort » ont lancé quelques leaders socialistes après la troisième défaite consécutive de la gauche aux Présidentielles. C’est une parenthèse qui se referme, en effet. Mais il fallait jouer les autruches pour ne pas voir que cette parenthèse  s’est refermée avant même la mort de Mitterrand ! 

La stratégie d’union de la gauche de Mitterrand était doublement stratégique : pour la prise du pouvoir (ce sera fait 10 ans plus tard) et pour l’écrasement du PC. Le pouvoir a été perdu mais le PC est devenu un groupuscule qui gère un héritage en lambeaux, seulement sauvé financièrement par quelques bastions et un groupe parlementaire qui va être difficile à sauvegarder.

Cette parenthèse Epinay refermée (en dépit des idées passéistes de quelques socialistes, des élucubrations de Voynet,  de l’esprit de parti archéo-réactionnaire de Marie-Georges Buffet et de quelques utopistes plus « gauchô » que de gauche), que reste-t-il du PS ?

La Citadelle Solférino demeure puissante, grâce aux régions, à quelques  grandes villes et à un groupe parlementaire qui sera en partie sauvé. Il s’agit d’ une  machine à  propulser ou à briser des carrières, à distribuer des « places », à répartir des « fonctions », à nouer des « réseaux »,  et … à user l’énergie des militants.  A coups de synthèses vides de sens, de manœuvres internes, de guerres des chefs… « N’ayant pas la force d’agir, ils dissertent », ironiserait Jaurès.”Est dirigeant celui qui accepte de prendre les risques que les dirigés ne veulent pas prendre”. Y a-t-il un pilote dans l’avion?

Ségolène Royal dans son échec a eu tout de même une réussite : réduire le déficit d’enthousiasme qui ne cessait de se creuser depuis la mort de Mitterrand et surtout depuis le gouvernement puis l’échec de Jospin dans les rangs de gauche. Mais ce résultat ne vient que d’elle. De sa personnalité. De son habileté (quoi qu’on en dise) et de la puissance que donne une grande ambition. Et c’est contre les « éléphants » du parti. qu’elle a fait passer, selonla formule admirative de BHL, “un frisson nouveau dans la vieille musique socialiste”

En revanche, elle n’a pas su ou pu (malgré BHL, Orsena et quelques autres) combler le déficit intellectuel et culturel de la gauche. Parce qu’elle a confondu communication et réflexion quand Sarkozy a su, grâce à son entourage, à sa « plume » et à son habile « dir’cab », trouver des cervelles à presser,  dans l’ombre de ses paillettes.

Or, le premier atout de la »gauche » depuis le XIX ième siècle, c’était la force de penser, ses « machines à penser ». Mitterrand le lettré le savait, et savait s’en servir. Jospin, Hollande, Royal n’ont pas su en tirer parti.

La première défaite du PS est intellectuelle, en effet. Parce que le Parti dans sa sclérose neuronale n’a pas su bien lire les Castoriadis, Legendre, Edgar Morin, Rosenvalon, Milosz,  Patocka, de Bibo, tous ces « Esprits d’Europe » qui auraient dû constituer la farine de leur pain. Trop de parisianisme, chez les caciques du PS. Trop de superficialité. Et trop de cécité face aux évolutions sociétale en profondeur.

« En France, la gauche a beaucoup de mal à admettre ce que le reste de la gauche en Europe a parfaitement compris : la logique de choix individuel est maintenant un trait dominant de nos sociétés qu’il ne faut pas occulter, mais au contraire comprendre pour y apporter des réponses de gauche. En France, la réflexion du Parti socialiste sur les mutations de nos sociétés est à peu près au niveau zéro. » note dans Libération Marc Lazar.

D’où la seconde  défaite de la gauche en général et du PS en particulier : une défaite d’ordre  sociologique. Marc Lazar, qui est professeur des universités, historien et politiste, et directeur de l’Ecole doctorale de Sciences-Po, écrit avec pertinence, toujours dans Libération:

«  Regardez la composition des partis : les membres du secteur public au sens large représentent 62,3 % des délégués du 33e congrès du PCF en 2006, 64 % des délégués du congrès de la LCR en 2003 et 71 % des délégués du PS du congrès de Grenoble en 2000. » Cela explique bien des choses… Notamment la cassure entre ces partis et des Français qui n’ont pas et les avantages et les servitudes qu’impliquent les services publics. Et qui ont d’autres exigences et d’autres sources d’insécurité.

Ces deux défaites ont été amplifié par une  troisième, est d’ordre culturel. Héritage du passé.  Nous retrouvons ici les faiblesses structurelles du socialisme à la française évoquées précédemment…

Je fais encore référence à Marc Lazar : « Le poids de la culture du conflit, de l’affrontement et de la radicalité, qui vient de loin : la scène primitive se joue avec la Révolution française et se véhicule sur plus de deux siècles. Certes, de nos jours, les Français dits de gauche ne veulent pas la révolution, mais ils sont attachés à l’idée que ce qui compte, c’est le choc  et la rupture. »

D’où  l’idée militante   que la Gauche doit être « dure » face à ses «ennemis», à commencer par les « social-traitres » et les « centristes ». Qu’est-ce qu’il a pris, Bayrou, avant le premier tour !

D’où la soif de diabolisation de tout ce que l’on condamne ou combat. Sarkozy a su en profiter, d’ailleurs…

D’où le primat de la trilogie des «anti» : l’anticapitalisme rebaptisé antilibéralisme, l’anti-impérialisme nommé aujourd’hui  anti-mondialisation et l’anti-fascisme qui, à force de faire  voir du fascisme en tout et pour tout ou presque, dévalorise et banalise les vrais signes de fascisation des esprits.

D’où encore et peut-être un complexe des « petits bourgeois » du PS (des  gauches caviar, cassoulet ou bio)   qui, depuis la in de l’ère Mitterrand,  sont comme prisonniers de pensées réflexes qui les dépassent.

Jacques Julliard l’ a écrit depuis longtemps (dans le « Choix de Pascal »[2], par exemple). Il le redit dans le dernier numéro du NouvelObs. « L’extrême gauche a exercé une hégémonie quasi- absolue sur la gauche de gouvernement… Qu’il s’agisse d’insécurité,   de chômage, d’immigration, de fiscalité, de meours, voir d’écologie, la gauche ne s’appartient plus à elle-même : l’alignement sur le plus-disant est la règle ».Et, ajouterais-je, sur l’Europe… Dommage de l’avoir oublier cette Europe, cher Jacques Julliard !

Avec son échec, le PS de Ségolène paye en effet en partie la facture des dérives subies ou orchestrées (par Fabius et quelques autres notamment) au moment de la campagne référendaire sur le traité portant Constitution pour l’Union européenne.

Quel délire et quel déluge de contre vérités, de mensonges, d’escroqueries intellectuelles, de désinformations systématiques savamment distillées par des « scientifiques » d’Attac, de Copernic et de quelques  cercles d’économistes prisonniers de schémas doctrinaires aux prémisses et aux conclusions fausses ! Un vrai défoulement de bêtise au nom de l’intelligence !

Un défoulement qui continue ! Sans pudeur, sans retenue, sans conscience.

Voir, ce soir, à la télé,  Clémentine Autain, si pétillante d’intelligence, si jeunes et si passéiste,  parler encore  de « victoire » des antilibéraux en parlant de la victoire du Non à l’Union,  a un coté démentiel ! Le Pen aussi a crié victoire et, lui,  il avait raison : les conséquences du Non font son affaire comme elles font l’affaire des  souverainistes de tous poils et des hyper capitalistes ! Quel gâchis intellectuel !

Et ne parlons pas de ce  crime contre les valeurs et le sens, donc contre l’intelligence, commis en transformant le mot « libéral » en un gros mot ! Ou de l’affreux néologisme « altermondialiste » : avez-vous rencontré un citoyen du tiers-monde se dire « alter- mondialiste » ? Les « alter-européens » ont été des anti-européens ou des partisans d’une Europe altérée. Où est-il l’Internationalisme prolétarien ?  La rhétorique est un art… trompeur

Le PS et la gauche ont été (et demeure) « à gauche du bon sens » note Julliard. «Il ne s’agit pas plaire aux électeurs mais de complaire à Bové, à Besancenot et consors. Ceux-ci ont compris ce mécanisme mental de soumission et ne cessent de faire monter les enchères.(…) Cette politique sous influence  et ne cesse de faire monter les enchères ». Jusqu’à l’absurde !

Or, dans l’absurde, la gauche y est bel et bien, PS en tête : « Plus d’union de la gauche puisqu’il n’y a plus personne avec qui s’unir. Plus de substitut gauchiste parce que les gauchistes se sont totalement  déconsidérés par leur irréalisme, leurs divisions et leurs magouilles bureaucratiques », souligne Jacques Julliard ! Résultats ? Un grand vide d’idées et un grand désarroi. C’est « l’identité socialiste » qu’il faut reconstruire. Mais sur quelle base et comment ?

Au centre (si l’on ose dire) de cet « esprit de refondation », trois aspirations contradictoires ou plutôt antagonistes :

*Celle d’une social-démocratie moderne (il est temps !) menée par DSK et souhaitée (paraît-il) par Ségolène Royal… sous une forme différente bien sûr ! Ils appellent cela « le socialisme du réel » : formule entachée d’une ambiguïté historique quand on songe à ce qu’a donné le « socialisme réel »

* Celle d’une « vraie »  gauche (ce qui sous-entend qu’il en existe une fausse) qui reste en rupture avec le capitalisme, qui puisse s’entendre avec « l’ultra-gauche », « la gauche de la gauche ». Utopie quand tu nous tient ! Jules Guesde revient !

* Celle d’un grand mouvement de la gauche ou des gauches, annoncé par Hollande qui prétend pouvoir faire une sorte de programme commun du « centre » à l’ultra-gauche « alter-mondialiste » voir au-delà… De Schuman à Trotski ! Plus que plurielle, davantage qu”arc-en-ciel”…Voilà qui est manque pas d’ambition. Tours à l’envers, enfin ?  Il ne manque pas d’air, Hollande. Mais c’est l’aire de ce jeu qui va lui manquer, et au centre et à gauche de la gauche. Au sein du PS même…

Jacques Julliard a sans doute raison dans un de ses constats : un PS social-démocrate est un mirage…  Ce projet, estime-t-il, est « une phase aujourd’hui dépassée de l’évolution des idées sociales. La social-démocratie, telle qu’elle a existé dns l’Europe centrale et septentrionale, reposait sur deux piliers : l’Etat-providence et l’alliance étroite entre un parti socialiste dominant et un puissant mouvement syndical unifié. Trop tard ! L’Etat-providence est en crise et le mouvement syndical français est faible et divisé. Pour longtemps encore, on peut le craindre »

J’ajouterai qu’il faut avoir une culture de démocratie sociale que la « social-bureaucratie » du PS n’a pas et le courage de faire des choix dictés par des constats de  réalité dont le PS pour l’heure est dépourvu. J’ajouterai encore qu’il importe d’avoir surtout une grille de valeurs qui dépasse les clichés en usage dans les discours socialistes. Le socialisme français a à démontrer qu’il peut redevenir un humanisme en action et non plus seulement « un parti à partir duquel on peut faire carrière ». Quelle révolution interne !

Julliard ouvre des horizons d’espérance en parlant de « socialisme de marché ». Belle expression.  «Il devra se préoccuper autant de la production des richesses que de leur distribution ». Beau programme. Mais n’est-ce pas là la vocation même de toute action politique ?

Plus je réfléchis à cette crise d’identité, de programme, d’idées, d’alliance, de leadership du PS plus je me dis que l’avenir des valeurs généreuses de la gauche passe par un vrai Centre. Un Centre qui ressemble à ce que tente de mettre sur pieds la « Révolution Bayrou ». Un Centre jusqu’ici si méprisé par une Gauche prisonnière de ses dogmes, et par une droite qui le considère toujours comme un strapontin, une force d’appoint, une réserve de valets… Un Centre où l’on sait que seule la Fraternité peut permettre de concilier Liberté et Egalité. Un Centre qui remette l’économie au service de l’Homme. Un Centre qui, surtout nous permettrait d’en finir avec de fausses alternances politiciennes  et avec ce coté hémiplégique  de notre vie politique…

Mais là, je m’égare : on va croire que je n’ai fait cette analyse sur le PS que pour plaider en faveur d’une « social-économie » et une « démocratie sociale » qui auraient pu et aurait dû (sans la cécité suicidaire socialiste) refonder l’ensemble de la vie politique française. Mais rien n’est perdu : « C’est en allant vers la mer que le fleuve reste fidèle à sa source », disait Jaurès…

Daniel RIOT

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2 Commentaires à “Quelle ” refondation ” pour le PS ?”

  1. M. RIOT, vous avez le mérite de faire profiter de votre réflexion à de nombreuses personnes. Celle-ci a du être particulièrement soutenue si j’en juge par la longueur du courrier. Mais pourquoi la présenter de cette façon certes structurée mais légèrement “brouillonne” (excusez moi du terme)? J’ai l’impression d’avoir lu la Constitution Européenne ! En plus, le style ‘pamphlet’ vous oblige à dire du mal des idées des autres sans réel procès… Un conseil, soyez plus concis et vos idées passeront mieux.

    Mis à part ça, je partage nombre de vos points de vue. Sauf un…celui sur le ‘non’ au référendum. Je pense comme vous que se réjouir d’avoir fait reculer le libéralisme n’est pas de bon ton surtout quand on ne propose rien derrière. Par contre je partageais à l’époque l’idée qu’une autre Europe était possible. Et que Le Pen ait pu se réjouir également m’a désolé…
    Mais ce que je crois finalement, c’est que ce ‘non’, porté par des idéees contradictoires, a tout de même évité à l’Europe d’entériner une politique économique, LA VEILLE DE L’ENTREE DE 10 NOUVEAUX PAYS !! Il est évident que les français ne pouvaient pas être rassurés par le Traité, alors qu’ils n’avaient pas encore expérimenté la vie à 25. A mon avis, c’est irresponsable de la part des pays européens d’avoir soumis ce texte en même temps que d’accueillir 10 nouveaux. Rien ne servait de se presser…
    Qu’en pensez-vous ?

    Benoit

    Benoît

  2. Belle étude Benoit, claire, convaincante…et bien écrite.
    Sa longueur (6 pages) n’en atténue pas la rigueur dans la démonstration, pas à pas.

    Mais quels sont ces freins puissants qui, de défaite en défaite,n’en finissent pas de paralyser un parti où les chamailleries entre ambitieux/rivaux sont de plus en plus stériles?
    Quand le PS va t-il toucher le fond et enfin rebondir? Dans quelle direction ?

    Je résume ce que je crois avoir compris :

    “(…)un trait dominant de nos sociétés qu’il ne faut pas occulter, mais au contraire comprendre pour y apporter des réponses de gauche ( …).” Cette citation d’un article du professeur Marc Lazar dans Libération résume bien le problème intellectuel de la gauche française. Au lieu de partir de la réalité, des faits, pour y apporter sa réponse propre, on serine inlassablement le cathéchisme pour essayer d’y plier les faits. Au lieu d’observer froidement le monde pour le comprendre et apporter des réponses pertinentes, on tente de le refaire, par simple placage idéologique. Cette cécité mentale autour du nombril de la gauche ressort quasiment de l’autisme.

    Il faut remonter au vieil héritage de la culture révolutionnaire qui ne veut pas mourir au congrès de Tours. Perdure la tradition de l’opposition frontale et jusqu’auboutiste, le tout ou rien révolutionnaire dans une époque qui a perdu pourtant dans les faits le goût de la révolution. Perdure le refus du consensus qui a besoin du dialogue. Perdure une culture de combat, de l’affrontement dans la rue plutôt qu’au parlement. Quel décalage culturel !

    La logomachie vieillote et stérile, mais rassurante, continue pourtant d’alimenter la fuite des adhérents de base et les institutions de la gauche se réduisent autour d’un noyau fondant de privilégiés de la fonction publique, de plus en plus crispés. Crise sociologique de la gauche institutionnelle, repliée sur une base sociale exiguë, coupée de la société, coupée du monde.

    Triple défaite du PS, intellectuelle, culturelle, sociologique. Aggravée par un « mécanisme mental de soumission » aux surenchères permanentes de l’extrême gauche qui l’enferment dans uns dialectique absurde et sans issue…

    La gauche est vidée de sa substance, privée de tous renforts à l’extrême gauche, pulvérisée en groupuscules avec un trop plein de chefs de clans, irréaliste.

    A défaut d’une social démocratie impossible en l’état actuel des rapports sociaux, faute de culture du compromis nécessaire et d’institutions syndicales représentatives, il ne lui reste qu’une solution pour sa nécessaire et vitale refondation : se tourner vers cet eldorado du « centre » lui aussi en pleine crise d’avenir, si plein de promesses et d’humanisme.

    J’ajouterai : Là est l’ouverture dans laquelle tous veulent se ruer, même le vainqueur de la course présidentielle à la recherche d’une majorité parlementaire introuvable, là attendent des électeurs souvent jeunes, suspendus à l’espoir d’un renouveau de la vie politique, sur des bases vraiment nouvelles.

    albert.feude

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