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Aux Etats-Unis une étude préoccupante révèle les liens incestueux entre laboratoires pharmaceutiques et psychiatres. Dans l’Etat du Minesota, le seul à rendre obligatoire la publication de ces chiffres, un tiers des psychiatres reçoivent de l’argent des laboratoires pharmaceutiques. Et parmi eux les 8 derniers présidents de la « Société Psychiatrique du Minesota ».

En échange de conférences grassement rémunérées, les psychiatres prescrivent à tour de bras, sans justification thérapeutique, des antipsychotiques aux enfants et adolescents américains. Une jeune fille de 14 ans s’est vu prescrire un antipsychotique pour simplement favoriser une prise de poids. Elle est, depuis lors, fortement handicapée par les effets secondaires de ce « médicament ».

Car, détail épouvantable, soigneusement caché aux parents, ces antipsychotiques occasionnent des effets secondaires parfois très lourds comme des blocages au niveau des muscles du dos et de la nuque entraînant des douleurs atroces.

Il y a dix ans, le docteur Realmuto participa à une étude sur le très controversé Concerta, un médicament contre les « déficits d’attention des troubles de l’hyperactivité ». Quand le Concerta obtint l’autorisation de mise sur le marché, le psychiatre Realmuto, comme une sorte de récompense pour service rendu, se vit commander une série de conférences par le fabricant, les laboratoires Johnson & Johnson.

Les raisons de Realmuto ont le mérite d’être claires  : « L’enseignement ne paie pas vraiment » déclara-t-il au New York Times.  Il est vrai que son salaire, lui qui professe à l’université du Minesota, n’est que de 196 310 dollars par an. Une misère.

De l’aveu même du docteur Steven E. Hyman les liens équivoques entre laboratoires et psychiatres se traduisent par une montée en puissance des prescriptions injustifiées d’antipsychotiques chez les jeunes américains. 500 000 pré-adolescents et adolescents seraient sous traitement. Une vraie manne financière pour les laboratoires.

Et le psychiatre Hyman, ancien directeur de l’Institut National de la Santé Mentale, d’ajouter : « C’est d’une grande ironie que les psychiatres exigent de leurs patients de faire un travail sur eux-mêmes, alors que nous-mêmes n’arrivons pas à percevoir dans nos propres vies à quel point l’argent affecte notre profession et met nos patients à risque ».

On ne saurait mieux dire. 

Référence :http://www.nytimes.com/2007/05/10/health/10psyche.html?_r=1&oref=slogin

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