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Convergence entre science et christianisme

Depuis Darwin, le divorce entre la vision du monde prônée par une certaine science et celle donnée par la Bible et le christianisme apparaît comme inéluctable. De plus en plus de voix s’élèvent cependant pour dire que les divergences entre les deux visions ne sont qu’apparentes. Fondamentalement, il y a beaucoup plus de convergences entre l’approche scientifique et l’approche biblique en ce qui concerne la façon de comprendre la réalité que de divergences. Le livre de Jean Staune « Science et quête de sens » en rend en partie compte. Plus particulièrement, le chapitre écrit par Charles Townes, prix Nobel de physique en 1964 pour sa découverte du laser et du maser et professeur de physique à l’université de Californie à Berkeley, nous invite à considérer les deux domaines, non pas comme deux ennemis, mais comme deux cousins.

Le rôle commun de la foi

Le rôle essentiel de la foi en religion est si connu qu’il est souvent considéré comme la caractéristique qui distingue la religion de la science. Or la foi est également essentielle à la science, même si nous ne reconnaissons pas, dans le cadre de la science, sa nature et son utilité premières. Le scientifique a besoin de la foi lorsqu’il se met au travail, et d’une foi encore plus grande pour mener à bien ses travaux les plus difficiles. Pourquoi ? Parce qu’il doit personnellement s’engager à croire qu’il existe un ordre prévalant dans l’Univers et que l’esprit humain - et de fait son propre esprit -, est capable de comprendre cet ordre. Sans cette croyance, il n’y aurait aucun intérêt à essayer de comprendre un monde présumé désordonné et incompréhensible. Un tel monde nous ramènerait à l’époque de la superstition, lorsque l’homme pensait que des forces capricieuses manipulaient son univers. En fait, c’est grâce à cette croyance d’un monde compréhensible par l’homme qu’a pu s’effectuer le changement basique de l’âge de la superstition à l’âge de la science et qu’ont pu avoir lieu toutes les avancées scientifiques.

Un autre aspect de la foi scientifique est le postulat qu’il existe une réalité unique et objective partagée par tous. Cette réalité passe, bien entendu, par nos sens, ce qui peut occasionner des différences d’interprétation selon ce que chaque individu observe… La nécessité de la foi en science rappelle la description de la foi religieuse attribuée à Constantin : « Je crois afin de pouvoir connaître. » Mais cette foi est tellement ancrée dans le scientifique que l’on en oublie son existence.

Le rôle commun de la Révélation

Une autre idée répandue concernant la différence entre science et religion concerne leurs méthodes respectives de découverte. Les découvertes religieuses proviennent souvent de grandes révélations. Il est communément admis que la connaissance scientifique découle de la déduction logique ou de l’accumulation de données, analysées par des méthodes établies afin d’en tirer des généralisations que l’on appellera lois. Or une telle description de la découverte scientifique ne retranscrit pas la vérité. La plupart des grandes découvertes scientifiques se produisent fort différemment et sont plus proches de la révélation. En général, le terme n’est pas utilisé dans le domaine scientifique puisque nous avons l’habitude de l’utiliser dans le contexte religieux. Dans les cercles scientifiques, on parle d’intuition, de découvertes accidentelles ou encore d’une brillante idée que l’on a eue. Si l’on observe la façon dont les grandes idées scientifiques émergent, on s’aperçoit qu’elles ressemblent remarquablement à des révélations religieuses vues sous un angle non mystique. Pensez à Moïse dans le désert, perturbé et cherchant comment sauver les enfants d’Israël, lorsque soudain une révélation lui fut faite par un buisson de feu… De même le scientifique, après un travail acharné et un engagement intellectuel et émotionnel important, trouve subitement la solution. De telles idées surgissent plus souvent dans des moments de pause ou de contemplation qu’en travaillant.

La question des preuves

La notion selon laquelle les idées religieuses ne reposent que sur la foi et la révélation alors que la science réussit à avancer des preuves factuelles constitue une idée reçue de plus à propos de la différence existant entre science et religion. Dans cette perspective, les preuves confèrent aux idées scientifiques un caractère absolu et universel que les idées religieuses ne possèdent que dans les revendications des fidèles. La nature de la preuve scientifique est en fait relativement différente de ce que cette approche laisse supposer. Toute preuve mathématique ou logique inclut que l’on choisisse un ensemble de postulats, qui sont consistants entre eux et qui sont applicables dans une situation donnée.

Dans le cas de la science de la Nature, ils sont censés s’appliquer au monde qui nous entoure. Ensuite, sur la base de lois logiques sur lesquelles on se met d’accord et que l’on doit également admettre, on peut alors prouver les conséquences de ces postulats. Mais peut-on être sûr que ces postulats sont satisfaisants ?… Le mathématicien Gödel a montré que dans le domaine mathématique, il existait toujours des vérités mathématiques qui étaient fondamentalement indémontrables par la logique normale.

Un autre moyen de se convaincre de la validité d’un concept scientifique ou d’un postulat est de le mettre à l’épreuve de l’expérience, comme on le fait pour les sciences de la Nature. Nous imaginons des expériences visant à tester les hypothèses de travail et considérons comme correctes les lois et hypothèses qui semblent en accord avec nos résultats. De tels tests peuvent infirmer une hypothèse ou bien nous donner la confiance nécessaire en son exactitude et son applicabilité, mais jamais la prouver d’une manière absolue.

Les croyances religieuses peuvent-elles aussi être considérées comme des hypothèses de travail, testées et validées par l’expérience ? Certains trouveront cette vision séculière et répugnante. Quoi qu’il en soit, elle met à l’écart l’absolutisme en matière de religion. Mais je ne vois pas en quoi notre acceptation de la religion sur cette base peut être répréhensible. La validité des concepts religieux a été, au cours des âges, mise à l’épreuve par les sociétés et les expériences personnelles…. La science traite souvent de problèmes tellement simples et de situation tellement contrôlables en comparaison de ceux ayant cours en religion, que la différence quantitative concernant la manière dont on teste les hypothèses tend à cacher les similitudes logiques existantes.

Conclusion

Si la science et la religion sont largement similaires et nos pas arbitrairement confinées dans leurs domaines, elles devront à un moment ou à un autre converger clairement. Je pense que cette confluence est inévitable. Science et religion représentent toutes deux les efforts de l’homme qui cherche à comprendre son univers et doivent en fin de compte traiter de la même substance. Alors que nous progressons dans les deux domaines, ces derniers doivent évoluer ensemble.

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4 Commentaires à “Deux cousins !”

  1. belle performance!
    pour aboutir au fait que science et religion se rejoignent en cherchant la verite de la creation du monde
    la religion a coupé court et pateauge dans les forces celestes venant d’un Dieu (ou plusieurs)
    celà a arrange son fond de commerce
    avoir la foi: je ne crois en aucun dieu, et j’ai la foi
    en la vie, en science et conscience, en ces recherches de verites qui sont plurieles mais convergent vers la connaissance
    savoir c’est pouvoir….
    je dis savoir c’est accepter
    en connaissance de cause et en conscience
    Mon dieu pardonnez leur, ils ne savent pas…
    sur la croix, evidemment j’aurai dis JE

    CIMABUE

  2. Etrange article. Etrange non pas par son propos - défendable jusqu’à un certain point, sauf à mon avis sur la prétendue parenté entre “révélation” et déductivité scientifique (il ne faudrait pas pousser beaucoup pour affirmer que le doigt de dieu s’est posé sur le crâne d’Archimède ou de Lavoisier…); mais etrange surtout par ses non-dits. Quel est le but de la démonstration ? Affirmer que science et religion procèdent pareillement de la foi et convergeront logiquement ?

    Affirmation éminemment dangereuse. Elle revient à envisager que les communautés religieuses et scentifiques - clercs et technostructure - pourraient converger. Vers quoi ? Un régime de “techno-papes”, pour reprendre la formule des BD futuristes de Jodorowsky ?? Il y a de quoi frémir. le dogme dans une main, la seringue dans l’autre: qu’il soit permis d’estimer que c’est là une vision d’horreur, à mille lieues de l’humanisme. Peut-être bien son contraire d’ailleurs… car j’ai bien peur que les Lumières, les vraies, soient solubles dans votre mixture. Qu’en auraient pensé Voltaire, Rousseau, Tocqueville et consorts ?

    berel

  3. Si Dieu et la science font tout deux partie de la réalité (ce que je crois), il y a forcément des convergences entre ces deux éléments. Il y a eu dans le passé d’éminents scientifiques pour qui le fait de concilier ces deux élements de la Réalité ne posait aucun problème (Newton, par exemple). Pourquoi faut-il immédiatement imaginer le pire dans cette configuration. L’athéisme est un postulat qui n’est certainement pas plus démontrable que la foi en Dieu et sur lequel je ne miserais pas un sou pour un avenir heureux pour l’humanité.

    Ichtus02

  4. Pourquoi ce besoin, irrépressible pour beaucoup, de “convergence”? Cette problématique ma paraît relever du fantasme plus que la réalité L’histoire ( occidentale) ne montre aucune convergence entre les deux approches.
    Dans l’antiquité préchrétienne, elles sont rigoureusement séparées car la science est plus proche de la philosophie universaliste que de religions très éclatées et mythologiques.
    Le moyen-âge voit apparaître comme un blocage et l’enseignement “religieux” occupe le sommet des savoirs dans les universités bien que les anciens y soient toujours enseignés ( grâce à la transmission “arabe”). La dite “renaissance” voit l’émancipation progressive de la science et l’apparition d’une méthode purement scientifique, fondée sur le pragmatisme et l’expérience. La brèche ouverte ne sera plus refermée malgré certaines tentative ( Galilée…). La science devient “laïque” et se crée sa propre sphère indépendante du religieux.
    A l’époque ou les intégrismes fleurissent de toute part, ou Darwin et Dieu semblent de nouveau en guerre, ou l’obsurantisme menace de nouveau, certains posent de nouveau, avec une insistence troublante, ce problème de la convergence. Convergence vers quoi? Vers ce Dieu hypothétique ( non prouvé et qui n’existe que par la foi) qui ne peut s’empêcher de vouloir imposer à tous, au besoin par la force, sa vérité totalitaire.

    albert.feude

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