Agora Politique

Le site des débats citoyens

Agora

Dans la cité grecque, lieu où à l'origine, se réunit l'assemblée des citoyens, puis qui devient la place principale de la cité.

Décalage un peu fort en tabac, entre le discours triomphal habituel concernant la francophonie, et la situation révélée aujourd’hui au grand jour en Belgique.

A - Les arguments trop entendus de nos vaillants défenseurs de l’orthographe

Alors que la francophonie est en déclin depuis plus de deux siècles, nous avons tous eu les oreilles rebattues par un discours triomphaliste de la pensée unique relayé par des générations de radoteurs.

Leurs thèmes préférés:

- la “clarté” de la langue française.
Voir à ce sujet le tract intitulé: “La clarté du français? Un discours de perroquets!”,

- le “génie” de la langue française.
La géniale épithète est en général appliquée à une orthographe qui consiste à écrire ce qui ne se prononce pas !

- le “contenu sémantique” de notre orthographe viendrait appuyer le fameux argument de “l’étymologie”.
Or, cet argument est contredit par les orthographes observées dès que l’on franchit les Alpes ou les Pyrénées!

- le fameux argument des “homonymes”.
Si l’on en croit cet argument, il nous serait impossible de comprendre le sens d’un homonyme tant qu’on n’a pas vu comment il s’écrit !

- le fameux “patrimoine”, que tous les peuples du monde sont censés nous envier.
Sur le terrain, force nous est bien de constater que c’est exactement le contraire !

- pour faire bon poids, d’autres thuriféraires mentionnent encore ‘l’imaginaire du français”, qui ferait, paraît-il, “des émules”.
Il semble bien qu’il fasse seulement des émules imaginaires!

Nos vaillants défenseurs de l’orthographe ont décidément le sens de l’incantation et les exploits pédagogiques dont ils se réclament montrent bien qu’ils sont capables de faire des miracles à répétition. Pour cette raison, ils devraient voler au secours des belges francophones confrontés à des difficultés qui, elles, n’ont rien d’imaginaire.

Mais, avant d’intervenir, ils seraient bien inspirés de méditer le dicton: “Un menteur n’est jamais cru, même s’il dit la vérité.

B - Les réalités censurées par nos vaillants défenseurs de l’orthographe

Quand il s’agit de cacher au peuple français tout ce qui peut remettre en question notre manière actuelle d’écrire notre langue, nos vaillants défenseurs de l’orthographe sont les champions de la loi du silence et de la censure qui se cache.

1°) Motus et bouche cousue sur les deux fonctions antisociales de l’orthographe.

Dans ces deux fonctions, l’orthographe française est au service de l’obscurantisme. Dans ces deux fonctions, sa mission est d’empêcher le peuple français d’accéder au savoir fonctionnel, qui, lui et lui seul, est synonyme de pouvoir.

Historiquement, la première fonction antisociale est parfaitement connue. Il s’agissait de maintenir les milieux populaires dans l’illettrisme, en inventant des complications qui nécessitaient un très gros investissement pour leur apprentissage. Actuellement, la somme des difficultés de cet apprentissage ne dissuade certes plus de faire un très gros investissement éducatif, mais elle n’en est pas moins la principale cause de notre fort taux d’échec scolaire.

De son côté, la deuxième fonction antisociale de l’orthographe, également censurée, est parfaitement compatible avec la réussite scolaire individuelle, mais elle garantit l’échec de notre école dans son ensemble. Elle amène à délivrer à notre jeunesse des diplômes qui sont de la monnaie de singe quand ils sont confrontés à la loi du marché international.. Elle consiste à bourrer la tête des élèves doués avec un bagage inconsistant, pour en faire, dans toute la mesure du possible, des ânes savants.

2°) Désinformation systématique sur l’histoire de notre écriture et sur son évolution.

Nos vaillants défenseurs de l’orthographe vous cachent systématiquement des vérités gênantes telles que celles révélées dans ce tract.

Un Paul Guth nous a tout de même lâché:
“Villon et Rabelais écrivaient phonétiquement. Oui! Mais ils possédaient une immense culture!”
… mais il ne l’avait vraiment pas fait exprès !

3°) Handicap des francophones en Belgique.

Citation: “En Belgique,
- ceux qui parlent flamand sont placés parmi les meilleurs dans les tests comparatifs internationaux, et leurs programmes sont stables,
- les francophones sont en queue et ils subissent des réformes qui n’en finissent pas.”

( trouvé sur skynet.be)
Une information “oubliée” que l’on arrive difficilement à trouver sur internet.

4°) Sur la dyslexie: une censure à la limite de l’honnêtement correct.

Faire par exemple, sur un moteur de recherche internet:
“Info-sciences: La dyslexie, une affaire de langues”.
En cherchant bien, on trouve ceci:

“Plus une langue est complexe, plus elle favorise la dyslexie.”
“En France, ce trouble de l’apprentissage du langage écrit touche un million d’enfants. En Italie, les dyslexiques se font plus discrets.”

On remarquera au passage les précautions oratoires: une langue inutilement compliquée est qualifiée de “complexe”, comme si c’était un indice de supériorité.

Et l’auteur oublie bien de mentionner que l’italien est tout simplement une langue dont la prononciation est bien bien définie, et que son écriture est basée sur la règle phonétique: une lettre par son, un son par lettre.

Le même article signale tout de même:

“Ainsi, d’après les chercheurs, une dyslexie peu importante, qui passe franchement inaperçue chez un Italien, a toutes les chances d’être diagnostiquée comme très handicapante pour un Anglais ou un Français. “

Un autre aveu trop bien tempéré:

“Il y a deux fois moins de dyslexiques chez les petits Italiens de dix ans que chez les jeunes Américains.”

Ici, double astuce pour enjoliver la situation.

a) Sous le couvert d’une étude générale, la comparaison désavantageuse par rapport aux petits Italiens fait intervenir des Américains, alors qu’elle donnerait la même chose si elle faisait intervenir des petits Français.

b) D’autre part, on utilise la confusion fréquente entre la dyslexie au sens strict (difficulté de lecture), et la dysorthographie.

Au niveau de la dyslexie au sens strict, nous sommes à égalité avec les Américains, mais au niveau de la dysorthographie, notre handicap est encore beaucoup plus important que celui des Américains, à cause des complications de nos règles grammaticales!

( Les citations ci-dessus se rapportent à un article de Françoise Dupuy-Maury concernant une étude internationale, avec Jean-François Démonet de l’hôpital Purpan de Toulouse pour la partie française de l’étude. Le reste de l’équipe est composé de scientifiques italiens, anglais, canadiens.)

5°) Bataille sur la fameuse “méthode globale”

Dans le faux débat entre le Ministre Gilles de Robien et certains enseignants concernant la méthode globale, fin 2006 , le fond du problème a été systématiquement caché aux Français:

- les Italiens, les Espagnols, les Allemands, par exemple, ignorent tout simplement l’existence de la méthode globale, ils ne peuvent pas être concernés par elle, tout simplement parce que leur écriture est phonétique: simple comme b-a-ba !

- la méthode globale est venue d’Angleterre, mais elle y fait beaucoup moins de dégâts qu’en France, parce que l’écriture de l’anglais, sans être phonétique, est dix fois plus simple que la nôtre.

ORTOGRAF-FR
page 240 - 2007-09

Partagez cet article These icons link to social bookmarking sites where readers can share and discover new web pages.
  • Digg
  • del.icio.us
  • Netvouz
  • DZone
  • ThisNext
  • MisterWong
  • Wists
  • blinkbits
  • BlinkList
  • blogmarks
  • Technorati
  • BlogMemes Fr
  • YahooMyWeb

Laisser un commentaire